Comment manger plus écologique en se faisant plaisir ?

Comment manger plus écologique en se faisant plaisir ?

Manger de façon plus écologique : et si c’était votre résolution culinaire pour l’année 2017 ? Mieux cuisiner, mieux manger, protéger la planète : un beau programme pour les gourmands concernés. Et en plus c’est meilleur pour la santé et pour le porte-monnaie, alors on attend quoi ?

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais une bonne partie de la pollution sur la planète est due à l’agriculture… et donc à ce que vous mangez ! Au niveau mondial par exemple, environ un quart des émissions de gaz à effet de serre (les gaz qui entraînent le réchauffement climatique) sont produites par l’agriculture. Produire des aliments, ça pollue à mort. Donc forcément, cuisiner et manger, ce n’est pas juste un acte anodin en matière d’environnement. Selon ce que vous cuisinez et comment vous le cuisinez, vous contribuez plus ou moins à polluer, à émettre du CO2 ou à modifier l’écosystème.

Alors je sais : la cuisine c’est quand même avant tout du plaisir. Quand on fait à manger, on a pas forcément envie de se prendre la tête pour savoir combien de CO2 ça émet, si ça pollue ou pas, si ça fait mal à l’environnement ou pas. On a surtout envie de se faire plaisir, de faire plaisir à ses proches, et de pas se compliquer la vie. Mais le truc, c’est qu’en fait, il y a des moyens très simples de manger de façon plus écologique, en se faisant tout autant (voire plus) plaisir, et en même temps en protégeant sa santé et son porte monnaie.

Donc les copains, si vous voulez être un peu plus respectueux de votre planète en continuant à être un fin gourmet, suivez le guide avec nos 5 résolutions pour manger plus écolo en 2017.

Manger plus écologique, c’est… changer notre consommation de viande

Rijks Restaurant Joris Amsterdam - Boeuf Granola Oignon Pomme de Terre

Bon, petit mea culpa d’avance pour tous les carnivores qui vont lire ces lignes (et j’en fais partie), mais produire de la viande, c’est sans doute l’un des trucs sur terre qui est le moins écolo. Par exemple, élever du bétail, ça demande pas mal de ressources, de nourriture, d’énergie… Et puis le bétail (notamment les ruminants) ça émet beaucoup de gaz à effet de serre (le méthane) parce que … ça rote en digérant (oui oui … je vous jure, et contrairement à ce que l’on croit ce ne sont pas les pets le pire). Et le gros problème du méthane c’est que c’est un des gaz à effet de serre les plus puissants : 1 g de méthane dans l’atmosphère, ça contribue 28 fois plus au réchauffement climatique qu’1 g de CO2.

Donc si on veut manger de façon écologique, la première chose à faire c’est de revoir un peu sa consommation de viande. En France, on mange pas mal de viande (trop, même). En moyenne, un français va manger en un an environ 20 kg de boeuf, 30 kg de porc, et 20 kg de volaille et autre gibier. Ca fait près de 86 kg par an et par personne au total si on compte la charcuterie les produits tripiers et autres produits carnés. Et c’est énorme ! C’est deux fois plus que la moyenne mondiale.

Alors attention, ça ne veut pas dire que tout le monde doit devenir un ayatollah du véganisme et rejeter toute forme de consommation de viande. Si être végétarien ou végan c’est votre truc, tant mieux c’est un vrai engagement écologique et on ne peut que l’encourager. Mais pour les autres, ceux qui veulent s’y mettre petit à petit, il y a quand même des solutions. Alors voilà quelques conseils très simple si vous voulez changer un peu votre consommation de viande pour manger plus écolo :

  • Manger moins de bœuf, c’est manger plus écolo

Basse-côte de boeuf, pommes de terres rattes et oignons confits
Basse-côte de boeuf, à consommer avec modération !

Le bœuf, c’est la viande qui pollue le plus ! Au niveau mondial, pour produire 1 kg de bœuf, on émet en moyenne 5 fois plus de pollution que pour faire 1 kg de porc ou de poulet. Donc la première chose à faire pour réduire l’impact écologique de son alimentation et manger de façon écolo, c’est de manger moins de bœuf. Une étude américaine a ainsi montré qu’en éliminant simplement le bœuf et l’agneau de son alimentation, on pouvait diminuer de 24% l’impact sur l’environnement de nos assiettes. Une alimentation sans bœuf et sans agneau est presque équivalente à une alimentation végétarienne en termes écologiques d’après cette étude.

Donc l’idée : manger moins de bœuf, moins souvent, et le garder pour de grandes occasions, en choisissant du bœuf français et de bonne qualité ! En plus, comme ça vous évitez la viande importée, qui pollue plus en général. En plus, beaucoup de recettes au bœuf peuvent être remplacées par d’autre viande. Par exemple, le bœuf sauté au basilic thaï peut facilement devenir un poulet sauté au basilic thaï ! La sauce bolognaise et même les lasagnes à la bolognaise peuvent être faites avec du porc, et même du poulet haché (et même végétarienne, avec des champignons par exemple !).

  • Manger de la viande de façon différente pour être plus écolo

Echine de cochon confite gastronomique
Une délicieuse échine de porc confite…

Deuxième idée : changer la façon dont on voit la viande. Pour beaucoup, un repas sans viande ça n’existe pas. Et c’est dommage car on peut très bien s’en passer pour certains repas. Il vaut mieux manger de la viande quelques fois par semaine et choisir de la viande de bonne qualité que de manger de la viande industrielle tous les jours. C’est meilleur pour l’environnement, mais aussi pour la santé !

On peut aussi essayer des morceaux de viande différents. Il y a encore quelques dizaines d’années, quand on tuait un animal pour se nourrir, on mangeait tout : les abats, la cervelle, les parties nobles et les moins nobles. Aujourd’hui, on a un rapport complètement dénaturalisé à notre alimentation et on n’achète que des « morceaux » : généralement les plus nobles, les moins gras comme le blanc de poulet ou le cœur de rumsteak. On a tendance à oublier que pour manger un steak, on a du tuer un animal. Alors si tout le monde ne veut manger que du steak, qu’est-ce qu’on fait du reste ? Eh bien on gaspille… Alors que les morceaux « second choix » sont excellents quand c’est bien fait. Par exemple, l’échine de porc confite c’est magique même si c’est pas des côtes de porc premières ! Et en plus c’est moins cher;

  • Essayer les plats végétariens

Pour consommer moins de viande, vous pouvez aussi opter pour des repas végétariens. Halte aux idées reçues : un repas végétarien ce n’est pas forcément un repas chiant et mauvais. Des pâtes au pesto alla genovese par exemple, c’est végan et pourtant c’est délicieux ! Des légumes sautés à la thaïe avec un peu de tofu, un dahl de lentilles corail ou encore un riz sauté aux légumes, c’est trop bon et c’est végétarien (je vous mets les recettes dans les jours qui viennent) ! En fait y’a des centaines de recettes possibles sans aucune viande et qui sont délicieuses : omelettes, tartes, quiches… Ou encore des ragoûts de légumes, des pâtes…. Alors variez vos apports en protéines, parce que des protéines y’en a aussi dans les végétaux, et notamment dans les céréales et les légumineuses. Si on combine bien ces deux types d’aliments, pas de soucis de carence, ne vous inquiétez pas !

Manger écolo, c’est éviter de manger des aliments industriels et transformés

Le deuxième truc à faire si on veut manger de façon plus écologique, c’est d’éviter les aliments industriels et transformés autant que faire ce peut. Vous le savez sans doute déjà si vous aimez cuisiner (et que vous aimez la bonne cuisine) mais les produits issus de l’industrie agroalimentaire sont en général pas terribles. Déjà ils sont souvent moins bons, et puis ils ont un empreinte carbone plus élevée que des produits faits maison. Par exemple, dans de nombreux produits industriels, vous allez trouver de l’huile de palme, des sucres raffinés, des additifs chelous. Et tout ces trucs, en plus d’être pas géniaux pour votre santé, ça détruit la planète.

Parmi les produits alimentaire qui polluent le plus, on trouve par exemple les sucres industriels, l’huile de palme industrielle, la viande industrielle, le chocolat non artisanal, ou encore les poissons industriels (voir : Le Top 10 des produits qu’on adore et qui détruisent l’environnement). Tous ces produits sont souvent fabriqués dans des conditions déplorables (comme l’huile de palme qui contribue à déforester toute la forêt primaire indonésienne, ou le chocolat industriel qui massacre l’Amazonie).

Mais vous pouvez très bien choisir des produits fabriqués dans de bonnes conditions. Pour cela il suffit de privilégier des petits producteurs, locaux, ou des marques et des filières connues pour être plus écolo et plus consciencieuses. Par exemple, dans le chocolat, si vous choisissez d’acheter chez Valrhona ou à la Chocolaterie de l’Opéra à Paris, ou encore chez Puerto Cacao, vous êtes à peu près sûr d’avoir affaire à des produits de qualité, fabriqués dans des conditions respectueuses.

Donc mot d’ordre : renseignez vous, achetez chez des petits commerçants dont vous connaissez les circuits et évitez la bouffe industrielle. Par exemple, allez faire vos courses à la Ruche qui dit Oui, dans les AMAP, les épiceries type circuit court (Terroir d’Avenir ou la Maison Plisson à Paris par exemple).

Manger plus écolo, c’est privilégier des produits locaux, de qualité, de saison

La cuisson des cèpes à la poêle
D’excellentes cèpes frais, de saison (en septembre-octobre uniquement !)

 

3ème conseil absolument vital : privilégier des produits locaux, de qualité et de saison. Ça reprend un peu les conseils précédents mais c’est important !

Le mythe des supermarchés nous a fait rentrer dans l’illusion qu’on peut manger de tout à tout instant, toute l’année. Hier j’ai vu des fraises (un 3 janvier) vendues au Simply en bas de chez moi… Mais la saison c’est des fraises ça commence en mai ! On le dira jamais assez, mais pour chaque saison y’a des fruits et légumes spécifiques ! Qui vous a dit que c’était cool de manger des aubergines en plein moins de février ? Ou des tomates en janvier ? Si vous pouvez en acheter à ces périodes là, c’est probablement parce que ces produits on fait le voyage depuis l’autre bout du monde, au mieux en bateau (pour les produits qui se conservent) au pire en avion (pour les plus fragiles). Vous avez vraiment envie que les cerises que vous mangez en décembre aient fait le voyage en avion depuis le Chili en émettant au passage des centaines de tonnes de CO2 ? C’est vous qui voyez, mais au final, l’air pollué, c’est vous qui le respirez…

Donc pour moi c’est super important de privilégier la nourriture locale, de qualité, de saison, et de préférence issue d’une agriculture intelligente. Je dis pas que vous êtes obligés d’acheter 100% bio, surtout si vous avez pas les moyens. Mais y’a plein de producteurs qui font des choses très bien sans forcément être bio. C’est le cas dans le vin par exemple où certains des meilleurs domaines ont des pratiques proches du bio voire de la biodynamie et pourtant ne sont pas labellisés. Ou de producteurs de légumes comme Yamashita ou Michel Bachès (pour les agrumes) et bien d’autres qui sont ultra respectueux de leur environnement, sans être « bio ». Encore une fois, essayez d’apprendre à connaître vos fournisseurs, parlez à votre maraîcher, à votre crémier ou à votre boucher !

Manger plus écolo c’est aussi éviter le gaspillage

Riz sauté au poulet à la thaïlandaise (Khao Kai Pad)
Riz sauté au poulet, avec des restes de riz… et de poulet !

Alors là, point très important. Ca sert à rien de vous prendre la tête à acheter des trucs bio & compagnie si c’est pour les foutre à la poubelle. Parce qu’en matière d’alimentation c’est encore ça qui pollue le plus ! À l’échelle mondiale, on jette 40% de la nourriture que l’on produit. Et contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas dans les grandes surfaces que sont jetées le plus d’aliments, mais bien chez nous, chez les consommateurs.

Donc faites attention à vos stocks. 80% de la pollution générée par un aliment provient de sa production donc à chaque fois que vous jetez un aliment non consommé, c’est autant de pollution qui a été faite « pour rien ». Faites aussi attention aux emballages : pas la peine d’acheter des dosettes de sucre en papier alors que vous pouvez très bien vous servir votre sucre à la cuillère ! Et puis le sucre ça se conserve. Par contre, si vous achetez en vrac et en grandes quantités en espérant éviter les emballages, et que vous finissez pas jeter car vous n’arrivez pas à bien gérer vos stocks, il vaut peut-être mieux éviter.

Enfin, sachez qu’il existe des tas de recettes qu’on peut faire avec des parties improbables des aliments que vous jetez sans doute. Par exemple, avec des os de poulet ou du gras de viande, on peut faire des jus délicieux ! On peut aussi faire des soupes avec des fanes de carottes ou de radis, utiliser les restes de viande des carcasses de poulet pour faire un riz sauté au poulet thaï

Enfin, manger plus écolo c’est d’abord consommer autrement, mais mieux !

1877 Restaurant Bergen Norway Hake
La gastronomie norvégienne, locale, de saison, avec des produits simples… mais magique

 

Au final, manger et cuisiner plus écologique, c’est juste des petits changements de nos modes de consommation à adopter. Mais le mieux dans tout ça, c’est que ça nous aide à consommer et à vivre mieux.

Manger moins de viande, c’est bon pour l’environnement, mais aussi pour la santé ! Manger moins de produits industriels, c’est ingérer moins de trucs  potentiellement toxiques comme les sucres raffinés, les graisses hydrogénées ou certains additifs présumés cancérigènes comme l’aspartame. Privilégier des produits locaux et de qualité, c’est d’abord une manière de retrouver le goût des choses. Sérieusement. La première fois que j’ai goûté une carotte de Terroir d’Avenir, j’ai halluciné du goût que ça avait par rapport à une carotte de supermarché (même bio). Moins gaspiller c’est faire des économies !

Donc manger plus écolo c’est un état d’esprit à avoir, un état d’esprit qui va très bien avec l’épicurisme de celui qui aime bien manger et bien cuisiner. On se rend compte que la nourriture ça peut être un plaisir responsable, dont on se délecte avec modération, avec plaisir, mais en faisant du bien à notre planète. Manger plus écolo, c’est redécouvrir le goût des aliments, redécouvrir des aliments qu’on a délaissés (comme les lentilles, qui sont super écolo !), se faire plaisir en innovant en cuisine… Bref, c’est une démarche qui est tout sauf contraignante, au contraire, c’est une démarche épanouissante !

 

Et puis au final, avec tout ça, vous cuisinerez mieux, vous mangerez mieux, et vous serez en meilleure santé. Alors pour votre résolution 2017 : décidez de manger plus écolo !

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2 Responses

  1. christine rebourg

    d’accord à 200%!!! et j’ajoute: osez la découverte et les nouvelles idées qui changent de la routine et nous sauvent parfois des grosses erreurs que nous répétons par simple paresse…Echangeons nos expériences au lieu de nous accrocher à nos habitudes!

  2. Salut ! Merci beaucoup pour cet article il est très intéressant et donne plein d’idées pour mieux se comporter ! J’essaie moi même de manger mieux et de moins gaspiller, c’est pas tous les jours facile mais des articles comme celui-ci aide bien. J’ai aussi découvert d’autres articles qui permette de manger écologique grâce à de bonnes adresses qui vendent des produits 100% locaux et la plupart sont bio ! Du coup il est plus facile de se procurer des produits écolo avec une faible empreinte carbonne ! Je vous conseille par exemple celui-ci sur une épicerie dans Paris : https://dreamact.eu/fr/spot/397/la-recolte-manger-ecologique

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